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salem ,
... 3alik salem.
je me suis inscrite sur ce forum car je veux des infos sur les robes Setifiennes .
... Mais vraiment pas de chance.
Je suis bien le dernier à pouvoir t'informer sur les robes sétifiennes.
J'ai déjà bien assez de mal comme ça avec les Sétifiennes, alors leur robes, n'en parlons même pas !
J'aimerais savoir si le mot Binouars est utilisé pour designer toutes les robes sétifiennes , quel que soit le tissu utilisé .
... Absolument aucune idée, mais mon Dieu ce qu'elle est belle ta modèle.
Aurais je été un M'sili, que j'aurais vendu un de mes semi remorques, et que je lui aurais acheté une parure.
Aurais je été un Ouergli, que j'aurais cédé une de mes palmeraies pour lui offrir une villa à Sétif.
Aurais je été un Annabi, que j'aurais bradé une de mes usines d'engrais pour lui payer un voyage à Venise.
Aurais je été un Kebaili, que j'aurais donné tous mes oliviers pour lui soutirer un baiser.
Aurais je été un Chaoui, que j'aurais répudié mes 4 premières femmes pour lui construire un palais à Timgad.
Aurais je été un Bel3abassi, que j'aurais libéré tous les fous de leur centre d'aliénés pour paraître le plus sensé à ses yeux.
Aurais je été un Blidi, que j'aurais coupé toutes mes roses pour la couvrir de la tête au pied.
Wow ! Reu'zement que ma femme ne vient jamais sur ce site, sinon c'est la loubia du gargotier d'en bas qui m'attends.
Sans parler de toutes ses autres fonctions plus ou moins utiles

sur lesquels il me faudra faire une croix !
Quand on fait une robe avec le tissu CHARB ZDAF est ce que c'est un BINOUARS ?
"Binouar" Bizarre comme mot.
Si tu savais ce que ce mot réveille en moi, des souvenirs d'histoires survenues il y a des années lumières de cela.
Tout d'abord, le mot en lui même, la première fois que je l'ai entendu, je me disais qu'une femme qui parle de porter des baignoires ne devait plus avoir toute sa tête.
Porter sa croix, porter une lettre, porter un fardeau, ok, soit, mais une baignoire ?
Quand enfin, je compris qu'il s'agissait d'une robe, et pas de n'importe quelle robe siouplé, je découvris que l'on parlait de ma robe préférée, enfin, en disant préférée, je voulais dire que j'aimais voir être porté.
Cette robe créa en moi un certain malaise, pourquoi donc ?
Si j'aimais voir de jolies jeunes femmes les porter, je trouvais déplacé de voir ce genre de robe être portée par des femmes à l'âge "certain".
En effet, je me souviens d'une désagréable journée qui mit mon "machisme" à rude épreuve.
Ce devait être dans les années 80, nous étions conviés à une fête de mariage.
Une fête comme nous n'en faisons plus aujourd'hui.
Nous vivions alors sans électricité, sans eau courante, sans gaz, sans téléphone, sans route, sans rien (je suis en train de me dire que c'est fou comme nous vivions jadis, quasiment de la préhistoire, incroyable, hein ? Je ne vous le fais pas dire, mais je parle d'un temps que les moins de 20 ans ne connaissent pas

)
Nous avancions alors dans une étroite renault 12 au milieu des ronces fabriquant nous même notre chemin, cherchant un semblant de piste menant vers le village où nous étions invités.
A perte de vue, le vent faisait onduler les épis de blé tel des vagues en ce mot caniculaire d'août, et nous ouvrions cet océan jaune comme Moïse ouvrait la mer.
Nous étions couchés moi et mes sœurs sur la banquette arrière, contemplant le ciel couleur ocre suffoquant dans notre four roulant, mi éveillés, mi endormis quand la voix de maman nous sorti de notre torpeur.
"3asslama, Ochrakoum" et puis des embrassades et du remue ménage.
Le temps de sortir de mon coma, que j'étais entouré d'une marmaille jailli de nulle part.
Mon père et ma mère étaient déjà sortis de la voiture, dégoulinant dans leur jus en train de se faire lécher par des indigènes.
Je compris plus tard qu'ils s'embrassaient alors.
Vient ensuite notre tour, et des oncles et des tantes à gogos qui avaient bizarrement tous le même prénom se tournèrent vers nous.
Maman nous avaient précisé de dire "3ami" au hommes et "3amti" aux femmes.
"Djedi" aux plus âges des hommes et "Nana" aux plus âgées des femmes.
Puis quand je compris que "3amti" signifiait "Tante", j'appelais ma grand-mère "3amti Nana" par respect, car bien sûr on n'appelle pas sa propre grand-mère par son prénom, hein ?!
Ils nous parlaient, ou essayaient de le faire, posaient les mêmes questions pour y répondre eux même aussitôt.
- Aloure Koumanssafa ? bienmèrssi !?
Au contraire, j'étais pas bien du tout, j'avais encore le mal de mer, j'avais envie de vomir comme toujours après une virée en voiture, et une horrible envie de faire pipi sans parler de la suffocante canicule à laquelle ils semblaient habitués.
Et c'est là que je vis mon premier baignoire, enfin je veux dire "bénouar"
"3amti Garmia" était tout sauf sexy dans cet accoutrement, pour la bonne raison qu'elle avait quasiment les seins en l'air.
Une jeune fille, je ne dis pas, mais une mémé !!!
Nous étions nous trompé de ville ? De pays ? Etions nous bien arrivé à Sétif, ou bien étions nous chez les papous dans la savane australienne.
J'étais à deux doigts de lui vomir entre ses nichons toutes suantes quand elle me serra moi et ma soeur contre elle.
- "3asslama, 3asslama, ochrahoum oulidate khouya ?"
Et que je te bouss par içi, et que je te bouss par là.
Pas l'ombre d'un soutien gorge la bonne dame, sans qu'elle s'inquiète le moins du monde du faîtes que ses nibards prenaient l'air.
Je comprends maintenant tous ses regards furieux en coin de maman vers mon père, et pourquoi papa transpirait autant quand il se faisait choper.
Ce fût un déclic pour moi. J'étais tellement écœuré par la gente féminine que je faillis me faire prêtre.
Mais heureusement pour moi, j'eus un meilleur aperçu le soir venu.
En effet, le soir venu, s'allumèrent les "kinkis" et lampes à pétrole.
Les gens affluaient, semblant sortir de nulle part. Tout était absolument noir autour de nous. Chose inhabituelle pour moi, car ne connaissant que les éblouissantes nuits de ma métropole.
Seuls étaient visibles des lumières au loin, c'était Sétif qui scintillait de tous ses feux.
Et c'est à cet instant précis que mon cauchemar commençait à se transformer en rêve.
Nulle part où s'asseoir, sinon à même le sol en terre battue que l'on avait au préalable mouillée et qui embaumait une bonne odeur et rafraichissait en même temps.
Il y avait bien quelques tabourets mais ils étaient évidement réservés aux plus âgés.
Je pris place avec mes sœurs sur de grandes pierres aux cotés de mes cousins et cousines (un demi millier environ)
Nonobstant les piqures de moustiques, l'eau tiède et rougeâtre imbuvable et les "chouks" (épines) à chaque pas, je commençais à ouvrir mon cœur à la fête.
J'ai eu la trouille de ma vie quand une explosion retentit, j'étais trop occupé à lorgner du coté des cousines pour remarquer que c'était un type avec un "krafouzi" (Grand Fusil) qui tira vers le ciel, un ciel incroyable, scintillant de milliers d'étoiles.
On les toucherais presque, comme à portée de main.
Une super odeur de poudre mêlée à celui de l'encens et de b'khour que les femmes avaient jetés dans le feu embaumait l'air.
Je me rappelle aussi d'avoir vu des gens chauffant sur des braises des "bendirs" et "derbouka".
Et puis commencèrent les chants.
M A G N I F I Q U E ! ! ! !
Sans électricité, sans chaine hifi, sans micro, des femmes et des hommes ont chantées à tour de rôle la nuit durant.
Il faisait très sombre cette nuit là. Une nuit sans lune, mais une nuit inoubliable, surtout que j'y fis la rencontre de la femme de ma vie (depuis je la rencontre en moyenne une fois tous les deux mois lol).
J'ai du tomber amoureux une bonne demi-douzaine de fois cette nuit là.
Toutes portaient la tenue qui failli gâché mon retour aux sources.
Toutes portaient un "Bénouar".
Difficile pour un cardiaque quand il est assis de se faire servir du thé par une jeune fille debout en bénouar sans en trépasser.
Heureusement pour moi, je devais avoir 14 ou 15 ans, avec un cœur aussi solide que mon djean.
Depuis quand je vois un bénouar, je me dis que les temps ont bien changé, et que les fêtes d'aujourd'hui ne sont plus ce qu'elles étaient jadis.
Le temps est passé depuis,
Les champs de blé ont fait place au béton et autres hideuses autoconstructions inachévées.
Mes 3amis et 3amatis sont en majorité parti pour un monde meilleur ou en passe de l'être.
Toutes les filles en bénouar dont j'étais tombé amoureux ce soir là et les soirs d'après se sont mariées.
Et on fait appel à des disque jokey pour "animer" les fêtes, éclairés avec des projecteurs sur des chaises en plastiques.
- Aloure Koumanssafa ? bienmèrssi !?
Maintenant que j'y repense, non, ca va pas, mais merci quand même ...

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