Auteur Sujet: 11 Décembre 1960...  (Lu 4462 fois)

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11 Décembre 1960...
« le: 13-12-2010, 07:46 »

 
50e anniversaire des manifestations du 11 décembre 1960

Le tournant décisif



Cent trois martyrs et des centaines de blessés seront dénombrés parmi les manifestants
sauvagement réprimés par les forces coloniales.

Un événement majeur,  un tournant décisif de la guerre de Libération nationale. Preuve de leur impact considérable, les manifestations populaires du 11 Décembre 1960, imposantes et étendues à plusieurs régions d’Algérie (Alger, Oran, Constantine, Annaba, Sidi Bel Abbès, Chlef, Blida, Béjaïa, Tipasa…) ont, une semaine après, convaincu l’Assemblée générale des Nations unies de voter la fameuse résolution reconnaissant au peuple algérien son droit «à la libre détermination et à l’indépendance».
Intervenant au lendemain de la visite du général de Gaulle en Algérie, dans un climat quasi insurrectionnel (grève générale et manifestation pro-Algérie française) entretenu, notamment par le Front de l’Algérie française (FAF), les manifestants pacifiques algériens avaient fermement
rejeté le credo de «Algérie française» et scandaient : «Vive l’Algérie» ; «Algérie algérienne» ; «Algérie musulmane» ; «Vive Ferhat Abbas».
Cent trois martyrs et des centaines de blessés seront dénombrés parmi les manifestants, sauvagement réprimés par les forces coloniales.

Couverts par toute la presse internationale, les événements du 11 Décembre 1960 ont eu un écho considérable et constituent, d’après Daho Djerbal, historien et directeur de la revue Naqd, un «tournant historique» pour l’Algérie et confirmaient la crédibilité du FLN et de l’ALN comme uniques «représentants» légitimes de la nation et du peuple algérien. L’explosion populaire, spontanée à ses débuts avant qu’elle ne soit encadrée par le FLN, a aussi contribué au sauvetage de la Révolution minée par les divisions, asphyxiée par la politique du général de Gaulle, prônant d’un côté la «paix des braves» et de l’autre l’intensification des grandes opérations militaires dans les maquis. Une bouffée d’oxygène pour le mouvement de résistance algérien qui vivait, en ces temps-là, ses heures les plus incertaines et les plus sombres. «Sur le plan intérieur, les troupes françaises étaient partout, particulièrement dans les montagnes, emplacement de l’Armée de libération nationale affaiblie par le plan Challe (série de grandes opérations menées par l’armée française de 1959 à 1961, ndlr). L’armée française avait donc repris le contrôle des maquis et avait une position dominante. Les manifestations ont obligé l’état-major français à décider de contrôler les villes, devenues une menace. Ce qui a redonné vie à l’ALN et lui a redonné des forces» (interview de Daho Djerbal in El Watan Week-end du 10 décembre 2010).
Presque deux mois après cette prodigieuse mobilisation des masses algériennes, le 8 février 1961, tombe le verdict du référendum pour l’autodétermination, largement en faveur de l’option d’indépendance portée de bout en bout par un «seul héros, le peuple».

Mohand Aziri

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Re : 11 Décembre 1960...
« Réponse #1 le: 13-12-2010, 07:49 »
شاهدة على مفصلية مظاهرات 11 ديسمبر



أحتفظ في جسدي برصاصتين من بندقية حركي

لا تحمل مجاهدة ثورة التحرير، الحاجَّة ''خيرة عطاء الله'' وقد بلغ عمرها 90 سنة، من لحم وشحم الاستقلال، سوى جسد صلب صلابة المجاهدين الذين كان يأويهم بيتها على مشارف مرور سكة قطار المستعمر، بالحي الشعبي الذي حمل اسم جيش التحرير''لاومود'' سابقا بالبروافية.

 غير أن غريب هذه المجاهدة أنها تحتفظ بأمرّ ذكرى وأحلاها في نفس الوقت، وهي رصاصتان لا تزالا مستقرتين في ذراعها وحوضها رغم مرور 49 سنة على إطلاقهما عليها من طرف حركي.
ملامح هذه المجاهدة الفذة، لا يفارقها الحياء والتواضع، بتسبيق حديثها عن شجاعة وخصال رفيقاتها مثل جارتها ''المنصورية'' وابنتها ''خديجة'' والمجاهدة ''خروفة''، في احتضان صرامة عناصر جيش التحرير، وقساوة مقاومة السفاح ''فلوري''، الذي لقي حتفه تحت وابل من رصاص المجاهدين بمقهى وسط البروافية، على أيدي كومندو في عملية ساهمت هذه المجاهدات في تهيئتها انطلاقا من بيتي الجارتين خيرة والمنصورية. ولعل أطرف حكاية تحتفظ بها الحاجة خيرة، هي ذاك المجاهد الغريب الذي حل ببيتها، بسروال ممزق على مستوى الركبتين، فلم تجد ابنة جارتها المنصورية المدعوة خديجة سوى التسلل لباحة أحد مقرات الجيش الفرنسي أين كان جنوده ينشرون غسيل بذلاتهم العسكرية، وتمكنت بشجاعة ناذرة من سرقة بذلة عسكرية، لتستر بها هذا المجاهد، ولما لبسها قالت له لقد أصبحت كولونيلا، ولم تكن تعلم بأنه بالفعل قائد الناحية الرابعة آنذاك الكولونيل سي حسان أو يوسف الخطيب.
الحاجة خيرة التي تعاني من احتباس رصاصتين في جسدها حتى الساعة، ورفضت أية مناشدة من عائلتها إجراء عملية جراحية لنزعهما، كما رفضت لنا البوح بسر الاحتفاظ بهما في أسفل ذراعها وعلى مستوى الحوض، منذ أن تعرضت لإطلاق رصاص من بندقية حركي أثناء تقدمها لعشرات المتظاهرت والمتظاهرين يوم 11 ديسمبر 1961، حاملة العلم الوطني ومزغردات بعبارات المطالبة بالاستقلال، لا تزال حتى الساعة مكتفية بالاستقلال وزاهدة في أي مطلب من مطالب الدنيا والجزائر المستقلة، لأن نعمة الحرية المجردة من أدران السياسة أغلى مطلب حققته كما قالت، وهي التي لم تنل حتى حقها في الاعتراف لها سوى بنسبة عجز لا تتعدى 65 بالمئة، فإضافة إلى الرصاصتين المستقرتين منذ 49 سنة في جسدها، تعاني من قصر في النظر والسمع وأمراض مزمنة أخرى، لكنها لا تستمتع أية هدنة مع ما فعله الاستعمار ممثلا أساسا في دموية دركي الدوزيام بيرو ''فلوري'' الذي كان يحمل رتبة مساعد أول، وحلفائه ممن خانوا ضمائر شعبهم من بائعي قضية تحريره، كالحركي الذي أطلق عليها النار، وكذا المدعو لخضر بوغراب، اللذين تضرب لهم الحاجة خيرة موعدا يوم الوقوف بين يدي رب الكون
                 





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« Modifié: 13-12-2010, 07:51 par elbeliouni »

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Re : 11 Décembre 1960...
« Réponse #2 le: 08-12-2011, 11:17 »
Le 11 décembre 1960 : la grandiose colère

par Boutaraa Farid

Qui aurait cru qu'une simple provocation des musulmans à Alger donnerait naissance à une si grande manifestation?

En effet, tout avait commencé le 09 décembre 1960, tout près du monoprix de Belcourt et du stade Bialèse, où une bagarre avait eu lieu entre des manifestants européens encouragés par le service actions urbaines du capitaine Bernard et des musulmans. Une altercation qui allait se poursuivre quelques heures après à Ruisseaux, Kouba et à la Casbah. Ensuite, c'était autour du 10 décembre où, la manifestation était mieux organisée suite à l'encadrement des éléments actifs du FLN tout en agitant l'emblème national et en scandant un «vive le FLN», «L'Algérie algérienne». Un rassemblement qui avait étonné tout les Européens qui n'avaient jamais douté un instant qu'ils n'étaient pas chez eux. Ces pieds noirs qui voulaient toujours que l'Arabe reste un sujet au service d'une poignée d'Européens. Une appartenance aux Gaulois qui faisait d'eux des nobles. Des personnes nées pour jouir des plaisirs de la vie du moment que l'Arabe et l'Africain étaient là, pour les servir et s'occuper des enfants, du jardin et du troupeau. Et voilà que l'aube du 11 décembre 1960 déchire le voile de la peur en donnant l'occasion en premier lieu à la femme Algérienne de défiler. C'était vers le centre de cette capitale si triste depuis plus d'un siècle. Une ville en détresse que les youyous de femmes n'avaient plus embaumé ses entrailles et que les sourires avaient quitté les visages des rues. Alger la blanche avait retrouvé son souffle de Houri et sa joie de vierge. Alger était redevenue la citadelle imprenable et la tour en colère. Les coeurs pouvaient maintenant rire, les âmes fuir et les langues rêver. Alger avait mis sa robe blanche pour recevoir ses hôtes. Les yeux en larmes et le coeur battant. Elle était si heureuse pour tous les démunis qui étaient en deuil depuis l'arrivée de ces visiteurs poussés par la famine et qui avaient trop abusé de la gentillesse des autochtones. Des êtres dotés d'un savoir faire et qui étaient réputé pour l'hospitalité et qui n'aimaient pas l'odeur du sang, ni le langage des armes. Alger ne pouvait plus croire ce spectacle qui s'offrait à ses yeux, où la jeune fille algéroise qui à peine adolescente, offrait son corps de poupée à sa ville et à ses frères. Alger la capitale ne pouvait oublier le courage des jeunes et des vieux qui ne voulaient plus de la misère imposée par ces colons qui n'avaient qu'un voeu, celui de rester et de faire de ce pays une prison pour fous. Une Algérie, où l'Arabe restera Arabe même s'il avait le grade d'un colonel.

Si aujourd'hui, le peuple algérien revient au passé, c'est juste pour éclairer les jeunes des intentions de cette puissance coloniale à l'instinct criminel. Une puissance qui participe même de nos jours, avec ses avions et ses génies de la guerre pour soit disant aider les peuples à bâtir des démocraties. Cette France qui vient juste de favoriser le lynchage d'un ex président d'Etat, qui méritait un procès et un jugement. Un homme qui méritait le respect juste par humanité et qui devrait avoir un peu de dignité et les photos et les vidéos sur le net prouvent le sadisme et la haine qui malheureusement animent les coeurs. Une France qui nie toujours en bloc son passé taché de sang, de massacres d'enfants et de femmes. Un passé rouillé par les cris de tous ces humains tués bêtement. Des êtres qui n'avaient ni armes, ni bombes, ni des épées, mais juste des paroles. Une France qui oublie ses crimes et qui joue la femme victime. Une France qui aimait les tortures et les cris des martyrs. Une puissance coloniale qui avait tout fait pour réprimer la volonté d'un peuple qui avait temporisé plus d'un siècle avant de prendre les armes pour sauver son honneur. Un peuple qui avait tout fait pour une cohabitation des coeurs, des corps, des esprits et surtout des âmes. Un peuple qui ne voulait plus jouer le rôle du portefaix, alors que les temps avaient changé et que le moment était venu pour un réel partage des richesses des terres et des biens. Mais les colons avaient cette idée de supériorité et d'intelligence de l'Européen sur l'indigène. La France avait trop compté sur la force pour dompter les Algériens et les marquer par le feu comme il est coutume chez les éleveurs de cocher le cheptel. Elle avait tout préparé depuis la mort des héros de la capitale. La France avait préparé un plan qui consisté à saboter tout le travail déjà bien fait par le FLN en essayant de favoriser les négociations avec des hommes lettrés. Il y ‘avait l'idée à l'époque de Robert Lacoste qui voulait détruire la lutte armée algérienne par le biais de figures de proue des personnalités algériennes qui étaient au sénat ou au parlement comme Chérif Benhabilès, Ali Checkal, Barabrok et Sid Kara. Une issue que les français avait tenté d'utiliser pour mettre fin à la puissance du feu du FLN qui certes n'avait pas assez d'armes et d'argent pour terminer la lutte. Cependant, les militaires algériens avaient confiance en Dieu et en eux-mêmes, car les revendications étaient légitimes et le spectre de la peur n'était qu'un moment déjà passé et qui n'inquiétait guère les moudjahidine qui étaient passé à la vitesse supérieure après la mort de tous les grands chefs de FLN de la période de 1957 à 1960. Une période qui avait donné naissance au premier gouvernement provisoire de la république algérienne. Un gouvernement provisoire mais qui était le seul apte à décider du sort du peuple algérien. Un gouvernement qui avait la tâche de diriger les opérations militaires à l'intérieur du pays et de tenter de soulever le cas de la liberté de l'Algérie du joug de l'impérialisme. Un gouvernement présidé par un Ferhat Abbas qui était un pharmacien en laboratoire ou en officine, mais un politicien dur et fine. Un homme qui avait l'amour de l'Algérie dans son âme et qui ne voulait ni les biens ni les honneurs, mais juste vivre loin des regards moqueurs de ces colons qui avaient trop abusé de leur statut de nation civilisée.

En effet, la révolution algérienne était une réponse à tous les tourments qui anéantissaient les rêves des milliers d'intellectuels algériens qui avaient cru aux promesses des livres et des slogans vides et perfides que la France avait exhibé à l'époque. La révolution algérienne était un choix imposé après le refus du dialogue et surtout les menaces de châtiments pour tous les élèves qui n'avaient pas compris la leçon du jour qui disait que les arabes étaient nés pour servir et non pas pour gouverner. Une leçon que les plus brillants des enfants du peuple algérien avaient reçu comme une insulte et subitement le mythe de la France ami du peuple était tombé en miettes. L'icône sacrée de la France était redevenue celle d'une ogresse hideuse, puante et suceuse de sang. Une France qui avait divisé le peuple pour régner. Elle avait juré d'ôter les doigts à tous les pseudos écrivains qui oseraient réveiller le peuple. Elle avait juré aussi de faire exécuter ou exiler tous les instruits qui s'opposeraient à ses dessins et qui tenteraient de la contre dire ou de semer le doute sur ses bonnes intentions. Elle avait aiguisé ses ongles et brossé ses dents pour avaler tous les méchants qui prétendaient vouloir la chasser de chez elle. La suite des événements était douloureuse pour les enfants qui avaient pris les armes et qui avaient écouté la voie du coeur qui n'avait plus peur de mourir du moment qu'il allait rejoindre les maître du monde. Les pionniers de la lutte sacrée avaient presque tous lu les ouvrages du député français Paul Vigné d'Octon «la gloire du sabre» en 1900 et «la sueur du burnous» en 1911. Deux oeuvres qui résument l'horreur de la présence de la France en Afrique. Deux témoignages qui mettent à nu les propos mensongers de tous les hommes de lettres comme Victor Hugo et Guy de Maupassant qui avaient été induits en erreur par les généraux de l'armée française qui visait les richesses et qui n'accordait aucune importance à la sauvagerie occasionnée aux autochtones qui vivaient libres et qui soudain, ils étaient chassés comme du gibier. Ces hommes libres qui étaient brûlés vifs en 1845 par Pélissier à l'intérieur d'une grotte au Dahra. Un siècle plus tard, ils étaient 45.000 algériens à subir les coups de folie d'une poignée de colons. Quelques émeutes et voilà que la chasse à l'Arabe était lancée par les hautes instances de l‘Etat français qui avait autorisé la formation des milices armées qui avaient pour but d'anéantir tous les indigènes. Une répression musclée et surtout aveugle, car les bourreaux étaient dès fois des adolescents qui avaient à peine 14 ou 15 ans. L'indigène n'avait pas le droit à un procès et les femmes et les jeunes filles étaient violées avant de les jeter dans des fosses communes. Mêmes les chiens avaient participé à l'horreur en volant des jambes ou des bras à des corps d'algériens abattus mais mal enterrés.

C'était un coup fatal pour les consciences et un acte de folie qui mérite une réplique pareille qui sèmera le doute et la crainte dans tous les coeurs de cette population qui certes n'était pas entièrement coupable, mais il fallait que cette France quitte l'Algérie. Le divorce était la seule issue favorable pour les deux camps. Le départ de la France était la solution désirée pour mettre fin à ce chaos. Les amis de Ben Boulaid avaient tous compris le message et il était temps de renverser les choses et de faire basculer la France elle-même dans le doute. Un premier Novembre déclenche la mèche et des sacrifices obligent les méchants à sombrer dans la démence. Et voilà le retour du Général De Gaulle qui reprend les commandes et qui essayent de ruser, mais son discours du 02 décembre 1960 n'avait pas eu l'impact voulu. Un discours qui avait pour but le maintien des Européens qui vivaient en Algérie. Un slogan qui préconisait l'indépendance de l'Algérie, mais qui offrait tous les droits aux français qui vivaient chez nous. Une Algérie algérienne. Cependant, le peuple algérien qui était majoritaire voulait une Algérie musulmane et surtout le départ des colons et des pieds noirs qui n'étaient pas chez eux. Une déclaration qui avait suscité de vifs débats et qui avait poussé certains auteurs célèbres à ne plus pouvoir choisir entre une lutte légitime d'un peuple outragé et une mère coupable de meurtre et de génocide. Les manifestations du 11 décembre 1960 étaient la gifle qui avait fait tant de mal à une France orgueilleuse et capricieuse. Une France fatiguée par une guerre où elle perdait chaque jour des centaines de soldats. Une France entêtée, essoufflée par des combattants qui tombaient aux batailles, mais qui étaient remplacés la nuit même par une relève toute fraiche et prête à quitter ce monde si bas pour un monde meilleur. Les manifestations du 11 décembre 1960 étaient la preuve concrète du choix des algériens qui avaient hurlé haut et fort qu'ils n'avaient que le FLN comme unique porte parole et que le GPRA avait l'aval de les représenter à l'ONU. En effet, ces émeutes du 11 décembre 1960 avaient permis aux membres du GPRA d'être les représentants du dossier de l'Algérie à l'ONU en date du 20 décembre 1960.

Une bataille tactique était emportée par le FLN et la lutte armée était plus rude avec l'isolement des moudjahidine qui n'avaient plus d'armes, ni d'argent pour terminer le combat. Les deux dernières années étaient plus difficiles à gérer et les généraux avaient doublé de férocité pour dissuader les cavaliers de l'ombre à terminer la tâche entamée par les aïeules. Deux années de famine et de supplice que les algériens avaient enduré sans dire un mot. Les âmes étaient aux paradis, les esprits chez un Cadi et les coeurs ne chantaient que «Bladi ya Bladi». En effet, les algériens voulaient tous mourir que de vivre sous un air de haine après la chute des masques et surtout le visage hideux que la France avait montré aux colonisés. Les esprits étaient chez un juge pour trancher et séparer les deux peuples d'une guerre sale. En fin, un brin d'espoir animait tous les coeurs d'un possible départ des Français qui n'étaient pas tous impliqués dans les meurtres, mais qui pour leur propre sécurité ils devaient quitter les larmes aux yeux ce paradis au soleil tendre et tiède. Un juillet 1962 est là et la guerre d'Algérie était terminée avec un goût de sang après les massacres de l'OAS. Une guerre où les chiffres exactes ne sont toujours pas arrêtés, car les mines enfouies sous terre tuent toujours de nos jours et les effets de la radioactivité suite aux explosions des bombes atomiques dans notre sud présentent toujours un danger pour les algériens.

Et malgré tout un passé noir, la France officielle de nos jours refuse toujours de demander un pardon pour tous les innocents qui étaient exécuté sans jugement. Des martyrs qui n'ont plus besoin de mots, mais le registre de l'Histoire n'oublie hélas rien.

 Tout est inscrit noir sur blanc. La France avait adopté une conduite d'une femme ivre aux pays des hommes libres qui avaient une culture, des vivres et le Coran comme livre. Alors, elle doit porter toute sa vie un habit noir et prier matin et soir pour toutes les folies commises quand elle avait tous les pouvoirs. Elle devrait comme Orphée faire un retour en arrière pour juste dire pardon et Dieu merci les algériens n'ont besoin ni d'or, ni d'argent, mais juste une reconnaissance d'un tort et que même symbolique, il réconfortera les naufragés de la mort.

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Re : 11 Décembre 1960...
« Réponse #3 le: 11-12-2012, 11:39 »


«F» «L» «N», ÉTAIENT ÉCRITES SUR NOS TROIS VESTES


"Une foi inébranlable nous guidait ce jour-là"


Par Abdelkrim AMARNI

Les premiers coups de feu claquèrent à la Rampe Vallée (Louni Arezki)

Pilotés à ce moment historique à plus d'un titre, par un certain Mustapha Khouas, «Casbaoui», habitant à l'ex-impasse Farina (des Frères chouhada Belhimeur), qui exhortait en ce 11 Décembre 1960, les manifestations des habitants de la Casbah à manifester avec leurs frères de Belcourt qui se sont soulevés pour une Algérie libre aux cris de «Vive l'ALN, vive le FLN et vive le Gpra.» «Que la clameur de Belcourt soit entendue à Manhattan» à New York, au siège de l'ONU, s'était écrié le défunt Krim Belkacem lors de la grandiose et combien significative manifestation populaire qui avait ébranlé Alger qui, à l'instar des autres villes et villages du pays qui n'ont jamais plié devant les forces coloniales, proclament son attachement aux forces armées de l'ALN et son support politique FLN et son inébranlable détermination à l'indépendance de l'Algérie après 130 ans d'occupation sous le joug colonial. Sous les slogans révolutionnaires et indépendantistes, des milliers d'Algérois avaient essaimé la ville.
Femmes, enfants, adolescents et adultes ont défilé partout dans les agglomérations populaires de la ville de Belcourt, à La Casbah, de Bouzaréah à Bab El Oued en s'étendant à El Harrach ou encore Aïn El Bénian.
Leur ferveur ne craignait ni les coups de feu tirés par les ultras «pieds-noirs» ni les descentes ou barrages des soldats d'occupation formés par des parachutistes et des garde mobiles, ni les éventuelles poursuites revanchardes attendues après la «manif».
La lutte armée du peuple algérien prenait soudainement le chemin de la ville après s'être développée dans les maquis des djebels du pays. C'était les prémices d'une vraie et grande victoire politique du peuple algérien comme le décrit l'historien français, Gilles Manceron.
«Je me souviens avec émotion, nous narre un septuagénaire algérois, natif de La Casbah, parmi la foule, nous étions trois camarades enlacés. Sur chacune de nos vestes, étaient peintes en grand les lettres «F» «L» «N». Alors qu'on entamait la Rampe Vallée, Louni Arezki aujourd'hui, des coups de feu claquèrent des fenêtres des maisons de pieds-noirs comme pour tenter d'éteindre la ferveur des manifestations, en vain. Une courte panique s'ensuivit et la marche a repris de plus belle avec plus de détermination. Elle était soutenue par des youyous stridents, pleins de chaleur, qui fusaient de partout, au sein des manifestants comme à partir des terrasses, dernières maisons de l'ouest de La Casbah dont le contour aboutit à Bab El Djedid.» Dans la vieille cité, les marches devinrent plus nombreuses et les slogans redoublèrent d'intensité pendant que les forces coloniales encerclaient tous les quartiers de la ville à forte population arabe.
En fin de journée, épuisés, mais fiers, nous haranguions les soldats encore postés aux portes de La Casbah qui semblaient plus confiants, car ils comprirent que ce n'était qu'une «manifestation pacifique» bien qu'elle fut menée avec grand enthousiasme pour crier fort et haut au monde entier que seule l'indépendance de l'Algérie pouvait dorénavant mettre fin à la guerre coloniale menée par l'occupant français, 132 ans durant.

La source
<a href="http://www.youtube.com/v/ovgTslO1e20" target="_blank" class="new_win">http://www.youtube.com/v/ovgTslO1e20</a>
« Modifié: 11-12-2012, 11:40 par elbeliouni »

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Re : 11 Décembre 1960...
« Réponse #4 le: 11-12-2013, 13:52 »


11 décembre 1960: l'initiative flamboyante de la plèbe d'Alger


 Par Saoudi Abdelaziz

Mon témoignage.
Venant de la Casbah voisine, les youyous avaient retenti toute la nuit par les fenêtres du dortoir en écho aux manifestations et affrontements qui atteignaient leur  paroxysme à Belcourt et au Clos-Salembier. Le lendemain, à la première occasion, je me suis esquivé du lycée Bugeaud (Emir Abdelkader) où j’étais interne, pour rejoindre Belcourt. 
Passé le square Bresson (Port-Saïd), il fallait traverser une enfilade de quartiers européens en état d’alerte où, surtout vers le Champs de manoeuvres (1er mai), des snippers ultras guettaient aux fenêtres et  n’hésitaient pas lorsque la cible leur plaisait.   
Je n’ai pas une bonne mémoire. Mes souvenirs, comme toujours, se résument à quelques impressions : le goût mêlé du pain chaud et de l’orange que l’on nous distribuait dans  une petite cave-mosquée de l’Aqiba, au coin de la rue Marey (Larbi Tebessi), après les assauts. 
 Un groupe de jeunes filles descendant de l’Aqiba, belles au milieu de la foule, criant les slogans patriotiques face aux gardes mobiles un peu honteux qui bloquaient l’accès à la rue de Lyon (Mohamed Belouizdad). Ces gendarmes brutaux, mais relativement débonnaires avaient remplacé les impitoyables et meurtriers paras, retirés après les premiers morts et le  début des protestations internationales. Je me souviens aussi de la « tâche » d’interprète (?) que les organisateurs m’avaient confié auprès d’un journaliste anglo-saxon, à la clinique de Belcourt, où les morts et les blessés étaient acheminés.
Au moment où les Algérois descendaient dans la rue, le chemin vers l’indépendance semblait bouché. Les manœuvres françaises retardaient l’échéance, dans le but de préparer les conditions d’une poursuite de la domination même après l’indépendance. Leurs objectifs: l’affaiblissement du FLN, l’émergence d’une force politique favorable au néocolonialisme, le contrôle du pétrole saharien, le maintien des bases militaires. 
 Du côté de la résistance armée, à l’intérieur du pays, c’était la poursuite du reflux, après la Bataille d’Alger puis les opérations Jumelles et Pierres précieuses. Comme me le confiera, avec l’irrésistible ton goguenard du harrachi, Abderrahmane Chergou, mon camarade du PAGS assassiné par les « terroristes » et ancien officier de l’ALN dans les maquis de l’Algérois : «En 1960, c’était la fuite permanente, les balles c’était toujours dans les fesses qu’on les recevait».   
Il fallait sortir de l’impasse. La plèbe algéroise a donc décidé de mettre son poids dans la balance. De Gaulle entendra le message, fera ensuite des manières pour le    comprendre, puis sera de nouveau rappelé à l’ordre par une nouvelle levée du peuple algérien, à Paris même, le 17 octobre 1961. Auparavant, à Jijel, nous étions massivement descendus dans les rues, le 9 mai    1961, alors que les discussions piétinaient à Evian.
On sait tout sur la vie, les œuvres, (et même sur leurs querelles) des chefs du FLN et de l’ALN, mais quel historien étudiera la genèse mystérieuse et le déroulement de    l’initiative flamboyante du peuple d’Alger. Les "chefs" sont rentrés en été 1962 le slogan « un seul héros le peuple ! » à la bouche.Mais, Il a fallu attendre plus d’une trentaine    d’années pour qu’une place du 11 décembre soit enfin aménagée à Belcourt. A Jijel aussi les « instances » du FLN ont oublié le 9 mai 1961. 
Il est vrai que pour les    journées de décembre, aucune « instance habilitée » n’est en mesure de revendiquer le déclenchement de la manifestation, même si les organisations de base du FLN, de l’ALN, et même du  PCA clandestin, ont participé ensuite à son animation. Dahou Djerbal remarque : « Tout est fait dans les manuels scolaires comme dans les publications soutenues par le pouvoir gouvernemental pour désamorcer le caractère révolutionnaire des manifestations de décembre 1960». 
C’était une manifestation    spontanée, comme ne les supporte pas notre système politique. Circonstance aggravante pour celle du 11 décembre : des témoignages de Belcourtois, recueillis par le journaliste algérois Abdenour Dzanouni, affirment que le signal de la manifestation avait été donné non par les instances de la révolution, mais par les appels obscurs d’un « illuminé » debout sur un banc public en    face du monoprix de Belcourt. Des « fous » qui font l’histoire ! 

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« Modifié: 11-12-2013, 13:53 par elbeliouni »